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mercredi 8 avril 2009

Le Bien ou le Mal : culturel ou biologique ?

La morale, les notions de bien ou de mal sont souvent pour beaucoup la chasse gardée des religions et sont considérées comme relevant de l'apprentissage de valeurs dites culturelles.
Pourtant, certains éthologues tel Richard Dawkins ont suggéré que la morale pourrait être inscrite dans nos gènes. Ainsi, nous pourrions la considérer comme le résultat de la sélection naturelle : savoir distinguer le bien du mal aurait permit à l'espèce humaine de survivre.
La théorie a de quoi séduire, elle implique en effet qu'il existe un socle biologique de valeurs morales, commun à tous les êtres humains. Cela n'exlut en rien l'existence de valeurs culturelles complémentaires, mais ces dernières variant en fonctions des civilisations sont par définition plus subjectives.
Cette belle explication, déjà appuyée par certaines constatations (expériences en psychologie, éthologie), pourrait se voir renforcée aujourd'hui par la découverte de deux chercheurs.
Dilip V. Jeste psychiatre et neuroscientifique ainsi que son collègue Thomas Meeks ont pu observer grâce à l'imagerie médicale une zone du cerveau qui serait le siège de la morale.
Cherchant à savoir quels neurotransmetteurs étaient utilisés et quelles parties du cerveau étaient  actives lorsque le patient devait faire des choix moraux (tolérance, gestion de l'ambiguïté, sagesse, altruisme...), ils ont découvert grâce à l'IRM les régions concernées :
  • le cortex préfrontal dorso-latéral semble impliqué dans le contrôle des émotions et la gestion des ambiguïtés. Il se chargerait de la partie rationnelle, calculatoire.
  • le cortex préfrontal ventromédian jouerait un rôle dans l'empathie, la morale, la prise de décision et gère les émotions et la sociabilité.
  • le cingulé antérieur permettrait de gérer les conflits
  • le stiatrum limbique, quant à lui, s'occuperait de la récompense / punition





Ainsi,  la sagesse humaine semble impliquer dans un subtil équilibre des régions du cerveau primitif (sysème limbique) ainsi que des régions plus récentes (le cortex pré-frontal, apparu bien plus tard dans l'évolution des espèces). 
Ces découvertes nous permettrons peut-être un jour de soigner de nombreux problèmes comportementaux, mais aussi des cas comme celui de Phineas Gage. Cet ouvrier eut en 1848 un accident au cours duquel une barre de fer traversa sa tête. Il survecu à ses blessures et sembla avoir conservé intactes ses facultés mentales. En revanche, son comportement changea radicalement. Auparavent sociable et aimable, il devint grossier et colérique suite à son accident....
source: UC Dan Diego

PS: j'ai hésité à utiliser dans le titre "culturel ou génétique". Mais, trouver le siège de la morale dans le cerveau est une chose (c'est le propos de la découverte citée), dire que le fonctionnement de cette zone est uniquement conditionné par les gènes en est une autre.
En effet :
  • les gènes ne sont pas les seuls à intervenir dans la sélection naturelle
  • les travaux en épigénétiques montrent que la frontière  entre inné et acquis est bien plus floue que la vision que nous en avons
Il était donc plus sage d'utiliser le terme "biologique".

mardi 17 mars 2009

Le sourire dans la peau

Quelle est la part de l'inné et de l'acquis dans le sourire ? Plus généralement, nous avons tous déjà constaté que les enfants avaient souvent les mêmes mimiques que les parents.
Nous croyons souvent que c'est parce qu'ils reproduisent ce qu'ils voient. Mais qu'en est-il réellement ?

Chez nos ancêtres les primates, avoir la bouche ouverte et  les lèvres crispées indique que l'on est prêt à mordre.
En revanche, avoir la mâchoire fermée et les lèvres détendues indique une attitude de soumission et n'annonce rien de belliqueux.
Il est probable que ce soit là l'origine du sourire humain.

Si l'on ajoute que les nouveaux nés comme les personnes aveugles de naissance (voir études citées ici ou là) savent sourire, sans l'avoir jamais appris, on comprends alors qu'il y a une part d'inné dans cette expression faciale.

Grâce à des recherches plus récentes (2006), les scientifiques ont pu généraliser le caractère acquis à de nombreuses expressions faciales. Ils ont  découvert qu'il existait une "signature" génétique que partagent les membres d'une même famille (même si les enfants sont aveugles congénitaux). Ainsi, les expressions de la joie, de la peur, de la colère ou du dégoût sont-elles héritées de parents à enfants.

Bien entendu, cela n'exclut pas un certain mimétisme culturel, et donc un caractère acquis renforçant les similarités comportementales, mais ces études précèdent certainement la découverte de gènes "codant" les expressions faciales, ce qui est de bon augure pour le traitement de l'autisme.


La publication scientifique est disponible ici (pdf en anglais)


dimanche 15 mars 2009

Lire dans la mémoire spatiale

Nous avons vu dans cet article qu'il était possible grâce  aux progrès de l'imagerie médicale de savoir à quelles lettres l'on pensait.

Dans cette nouvelle étude, les scientifiques se sont attaqués à la mémoire spatiale. Ils ont placé un volontaire en immersion dans un environnement virtuel et on observé l'activité cérébrale de son hyppocampe durant ses "déplacements" grâce à un IRM spécialisé.

En analysant un ensemble de neurones suffisament conséquent (des dizaines de milliers), ils ont  découvert une structure régulière qui semblait être utilisée par le cerveau pour enregistrer les souvenirs spatiaux.

En décodant les informations de cette structure, ils ont pu déterminer dans quel endroit de l'univers virtuel se trouvait le volontaire.

Effrayant ? Prometteur ? Certainement un peu des deux. Reconnaissons que des détecteurs de mensonges à la compréhension de la maladie d'Alzheimer, les applications potentielles sont extrêmement variées.

source: University College London

mercredi 4 mars 2009

Male and female brains appreciate art differently

Interesting  article you can read here.

jeudi 18 décembre 2008

Lire dans les pensées

Les progrès de la neurologie et de l'imagerie médicale sont tels que des chercheurs japonais du ATR Computational Neuroscience Laboratories ont réussi à afficher sur un écran d'ordinateur des images lues directement dans le cerveau.
Yukiyasu Kamitani et son équipe ont demandé à des cobayes de lire les six lettres du mot "neuron". En mesurant leur activité cérébrale durant l'expérience, ils sont parvenu à reconstruire l'image perçue.
Les objectifs avoués vont l'étude des rêves à celle des problèmes psychiatriques.  Quant aux potentielles applications inavouables, je vous laisse deviner.
Que de problèmes éthiques en perspective...


(source NewScientist). L'image lue est la première, les suivantes sont des reconstructions issues des informations en provenance du cerveau des cobayes.

En savoir plus ici (en Anglais)
Abstract de la publication scientifique

lundi 28 juillet 2008

Les filles sont-elles vraiment moins bonnes en maths que les garçons ?

Comparaison inter-sexes
Classiquement, on considère que les garçons sont en moyenne meilleurs que les filles dans les épreuves mathématiques, et moins bons aux épreuves de lecture ou écriture.
Et bien ce n'est pas ce que révèle l'étude réalisée par L'université du Wisconsin et celle de Berkeley en Californie sur plus de sept millions d'élèves. Les résultats indiquent en effet qu'il n'y a pas de différence notables entre les filles et les garçons. Il s'agit de résultats moyens obtenus sur des tests variés de résolution de problèmes mathématiques complexes.
Mais attention, cette étude ne permet pas d'affirmer que les différences cognitives entre filles et garçons sont entièrement d'origine culturelle. En effet, il semble subsister des différences dans le domaine de la lecture par exemple. De plus, comme nous allons le voir dans le paragraphe suivant, pour un sexe donné, la répartition des résultats n'est pas la même...

Comparaison intra-sexe
L'analyse au sein d'un même sexe montre que les garçons ont toujours de meilleures performances en mathématiques qu'en lecture et, au sein des mathématiques, en géométrie qu'en arithmétique. Quant aux filles, c'est l'inverse: elles sont meilleures en lecture qu'en maths et en arithmétique qu'en géométrie.

Conclusion
Comme nous venons de le voir grâce à cette dernière étude, les garçons ne sont en moyenne pas meilleurs que les filles en maths. Il est dès lors certain que les idées reçues et le conditionnement par la société jouent un rôle prépondérant dans la répartition filles/garçons dans les métiers scientifiques.
Mais la comparaison intra-sexe permettrait aussi d'accentuer les différences d'orientation observées. Ainsi, les filles étant meilleures en français qu'en maths (sans les comparer aux garçons), il serait logique qu'elles s'orientent vers les matières où elles sont plus à l'aise. Inversement, les garçons sont plus à l'aise en maths qu'en français, il se destinent plus naturellement vers des filières scientifiques.

Bref, il nous reste bien des choses à découvrir :)

En savoir plus ici (en anglais)
Lire aussi cette publication
et celle ci

dimanche 6 juillet 2008

Ce que vous imaginez influence ce que vous allez voir !

Cette étude de l'Université de Venderbilt aux USA montre que votre perception visuelle est altérée par ce que vous venez d'imaginer. Cela rend notre réalité toute relative.

En savoir plus ici (en Anglais).

vendredi 4 juillet 2008

What you imagine impacts what you see !

This study from the venderbilt University shows that your visual perception is biased by what you have imagined before.
Please read more here !

dimanche 11 mai 2008

Maths, abstraction et didactique

D'après cet article et l'étude qu'il décrit, il semblerait que le fait d'illustrer systématiquement des propriétés mathématiques par des exemples concrets soit parfois une erreur didactique.
Ainsi, on a expliqué à 80 étudiants divisés en quatre groupes de nouveaux concepts arithmétiques simples en utilisant deux méthodes :
  • la première s'appuyant sur des symboles abstraits
  • la seconde en utilisant l'intuition physique appuyée par des exemples concrets
Ensuite, afin de vérifier que le concept avait bien été assimilé, on a proposé à tous les étudiants un petit exercice de contrôle.

Les résultats furent contre intuitifs puisque les étudiants auquels on avait exposé la méthode abstraite eurent un taux de réussite de 80% contre 40 à 50% pour les étudiants qui avaient appris grâce aux exemples concrets.

Mais il ne faut pas généraliser : l'abstraction n'est pas toujours préférable, de l'aveu même de l'expérimentateur. Cette étude a tout de même le mérite de démonter l'idée préconçue opposée.

mercredi 2 avril 2008

Cerveau droit cerveau gauche

Comme annoncé dans ce billet, essayons de faire le point sur l'idée très répandue selon laquelle notre cerveau fonctionne de la façon bipolaire suivante : le cerveau droit serait le siège de l'émotionnel, l'intuitif et le créatif alors que le cerveau gauche serait sollicité pour la logique, le langage et le rationnel.

Notre méconnaissance du cerveau est souvent le point de départ de nombreuses idées reçues, comme celle qui nous intéresse aujourd'hui, ou bien celle qui consiste à penser que nous n'utilisons que 10 pour cent de notre cerveau.

Le mythe lié à l'asymétrie cérébrale est né lors d'expériences qui visaient à établir quelles zones du cerveau étaient actives pour une tâche donnée (mais il a peut être une origine plus ancienne ? En tout cas il traduit parfaitement notre vision binaire du monde). Aussi, des conclusions trop rapides ont été tirées et reprises par des pseudo-sciences avides d'assoir leurs allégations sur des arguments (enfin) tangibles.

Depuis, grâce au scanner cérébral et à des études plus poussées, on sait désormais que les deux hémisphères cérébraux fonctionnent de façon complémentaire, et la vision dichotomique simpliste a été abandonnée ... sauf par ceux qui vous propose toujours de cultiver votre cerveau gauche pour plus de logique, ou par certains publicitaires cherchant à atteindre votre cerveau droit...
Human brain

en savoir plus ici (en anglais)
ou encore là (désolé toujours en anglais)

mardi 5 février 2008

Dix pour cent du cerveau

Qui n'a jamais entendu dire que nous utilisions seulement 10% de notre cerveau ? Cette fausse information est souvent mise en avant par la scientologie, savamment cultivée dans les films hollywoodiens, et exploitée sans vergogne par les adeptes du paranormal.

D'où nous vient cette idée reçue extraordinairement tenace ? Il semblerait qu'elle ait été portée par la phrénologie dès le milieu du 19ème siècle. Puis, en 1935, le neuropsychologue américain Karl Spencer Lashley constata qu’un rat pouvait continuer d’exécuter certaines tâches avec 58% du cortex cérébral en moins. Il en tira l'hative conclusion qu'une partie du cerveau était "dormante". Par la suite, Freud et son inconscient sont venus renforcer cette croyance.

Or, depuis, les techniques d'imagerie médicale ont permis de démontrer que si seuls 5% des neurones travaillent en même temps, la totalité d'entre eux sont bel et bien sollicités à un moment ou à un autre. Nous utilisons donc bien tout notre cerveau (qui ne rejoint donc pas la catégorie des organes vestigiaux) même si notre connaissance quant à son fonctionnement reste elle, bien partielle !

Et voici comment, près d'un siècle plus tard, cette légende urbaine hante toujours l'esprit d'une grande partie de la population, entretenue par une partie des média et régulièrement remise au goût du jour dans les films d'anticipation.

Base d'un cerveau. Andreas Vesalius, 1543

mercredi 23 janvier 2008

Une machine qui lit dans nos esprits

Une équipe du Center for Cognitive Brain Imaging (Centre pour l'imagerie cognitive du cerveau), à l'Université Carnegie Mellon, sous la direction de Marcel Just et Tom Mitchell a réussi à cartographier la représentation usuelle d'objets simples.

Les chercheurs ont montré à un groupe de cobayes une série de 10 dessins très simples représentant des outils ou des maisons, et on leur a demandé de penser à leurs caractéristiques. A noter que les scientifiques n'observaient pas le cortex visuel: c'est donc bien la pensée qu'ils cherchaient à capter, et non simplement la façon dont le cerveau perçoit une image. En regardant l'activité du cerveau de leurs cobayes grâce à l'imagerie par résonnance magnétique (IRM), les expérimentateurs ont pu deviner dans 78% des cas le dessin qui était présenté au sujet, juste en regardant quelles zones étaient stimulées. Ils ont découvert par cette méthode que la représentation d'un objet dans le cerveau n'était pas localisée en un seul endroit, mais en plusieurs sites. Par exemple, lorsqu'on pense à un marteau, les zones moteur s'activent parce qu'on s'imagine en train de l'utiliser, tandis que d'autres aires du cerveau s'activent également, répondant à d'autres associations mentales.


Mais il y a plus important. Les chercheurs ont été capables de deviner les objets observés par un sujet en utilisant une machine entraînée à reconnaître l'activité cérébrale des autres cobayes ! Autrement dit, les configurations neurales présentent une relative universalité. Nous pensons tous un peu de la même manière à un marteau ou une maison. La question qui se pose est de savoir si cette relative universalité de la pensée se limite aux objets simples ou si elle s'étend à des concepts plus sophistiqués. Pour John Dylan Haynes, de l'Institut Max Planck à Leipzig, interviewé par Newsweek, “plus une pensée est détaillée, plus les structures observées divergent. Parce que les gens développent des associations différentes pour un objet ou une idée. Nous sommes encore très loin d'une machine universelle à lire les pensées, même si nous en sommes beaucoup plus proches qu'il y a deux ans.”

Toujours est-il que l'équipe de l'université Carnegie Mellon a décidé de passer de l'étude des objets usuels à celle des concepts abstraits, des mots et des phrases. Réponse dans quelques mois.

sources: techno-science,internetactu

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