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mercredi 8 décembre 2010

Des frontières fantasmées

Parmi tous les dogmes qui nous entourent, les plus fondamentaux sont aussi les plus méconnus. La raison de cette ignorance tient en partie à la profonde remise en cause de nos modes de pensée qu'exige cette démystification. Douter de l'efficacité homéopathique ou ne plus se fier à notre thème astral est une chose, mais revoir en profondeur ce qui fait le socle de nos repères et de notre construction sociale est bien plus ardu.

Aussi, nous aborderons dans ce billet trois dogmes omniprésents qui sont fortement ébranlés par la science contemporaine : l'ardoise vierge, le bon sauvage et l'esprit dans la machine. Mais attachons nous d'abord à comprendre l'origine des ces idées reçues, voire construites....

La dichotomie comme mode de penser
De notre naissance jusqu'à notre mort, nos pauvres cerveaux d'humains tentent de ranger les concepts et les informations en catégories. Aussi, nous établissons inévitablement des frontières afin de fixer la limite de nos connaissances. Il y a le jour et la nuit, le début et la fin, le bon et le mauvais, etc..

Mais, par définition, une frontière n'a pas de réalité physique, elle relève d'un modèle mathématique, d'une idéalisation du monde (quand débute le jour ? qu'est ce qui est bien ? Où s'arrête le monde microscopique ?)

Aussi, dans l'histoire, toutes les frontières imaginées ont au mieux évolué, au pire totalement disparu. Il y a encore peu de temps, l'électricité et le magnétisme étaient des phénomènes distincts. Puis les deux furent unifiés par l'électromagnétisme. De même pour les ondes et la matière, réconciliées par la physique quantique. Plus la science avance, et plus les frontières qu'elle s'est elle même imposée afin d'assurer un cadre de validité pour ses théories s'amenuisent puis disparaissent. La grande unification entre l'infiniment petit et l'infiniment grand est d'ailleurs le Saint Graal de la science.

Malheureusement, si le monde scientifique progresse volontiers et s'affranchit des frontières périmées, il n'en va pas de même dans les mentalités communes.

Le coeur a longtemps été le siège des émotions, et il le reste dans le langage courant. Pourtant c'est bien un cardiologue que vous devez consulter si vous avez des palpitations. Mais il est des frontières virtuelles qui subsistent par méconnaissance ou par idéologie :
  • Matière vs Esprit (on sait depuis longtemps que le cerveau est le siège de la pensée, un esprit sans corps est une ineptie).
  • Physique vs Mental (les dysfonctionnements comportementaux peuvent avoir des causes chimiques)
  • Biologie vs Culture ( c.a.d. le vieux débat inné vs acquis)
  • Sciences  vs Arts  (il existe aujourd’hui des ordinateurs capables de composer des symphonies, le génie artistique est modélisable, comme le reste)
  • Nature vs Société  (La Nature, c'est bien / Le Bio / Le naturel versus L'homme/le chimique/ les perversions etc... )
  • Ce que la science adresse vs Ce qui relève de la foi. Il est possible que la connaissance scientifique et la foi soient temporairement étrangères et ne s'excluent pas mutuellement. En revanche, la démarche scientifique est par définition et par construction incompatible avec toute forme de foi (on parle de foi, pas de croyance). Il est néanmoins possible de s'en accommoder au quotidien. Mais l'incompatibilité demeure et se rappelle à nous lors de toute analyse fouillée. 
Or, dans notre compréhension du monde en général et de la nature humaine en particulier, cette vision dichotomique du monde est certes utile à notre vie quotidienne, mais se révèle particulièrement handicapante lorsqu'une analyse objective est requise.

Les causes idéologiques
Si bon nombre de limites fantasmées ont pour origine un simple manque de connaissance, certaines frontières sont en revanche construites sciemment dans un but idéologique. Par exemple, suite aux dérives eugéniques, un courant de pensée comportementaliste a littéralement décrété que tout être humain était tel une ardoise vierge que l'on pouvait modeler à n'importe quelle image. Autrement dit, l'importance des caractères génétiques, i.e. hérités, fut longtemps et reste encore aujourd'hui complètement tabou.

Nous pouvons aisément concevoir que cette vision du monde puisse lutter efficacement contre le racisme, et éviter de nouveaux drames tels que ceux que le 20ème siècle a connus. Pour autant, légitimer l'existence d'une frontière dans un seul but idéologique ne relève pas d'une démarche scientifique. Par ailleurs, le dogme de "l'ardoise vierge" donne lui même lieu à des dérives inacceptables, comme le fait de culpabiliser des parents pour une prétendue mauvaise éducation responsable de tous les maux (même de l'autisme, comme certains le prétendaient dans les années 70 !) alors qu'avoir conscience de causes génétiques les disculperait.

De même, prétendre comme Gould que la foi et la science ne sont pas incompatibles est un voeu pieu visant à   éviter les conflits, au prix d'un hypocrisie inévitable. En effet, cette posture oblige à une dissonance cognitive permanente que seule une dose massive de paracétamol parvient à dissiper.

Steven Pinker, dans son excellent livre The Blank Slate, cite trois des plus grand dogmes de notre temps qui correspondent à des frontières fantasmées. Cet ancien professeur du département de neurosciences du MIT les déconstruit avec brio et nous éclaire sur la véritable nature humaine.

L'ardoise vierge
Biologie vs culture
L'idée que l'homme est une ardoise vierge et que seules les interactions sociales vont modeler son comportement est véritablement un dogme. Les caractères génétiques ont un rôle primordial y compris dans la vie sociale et même le développement cognitif. D'ailleurs, la frontière entre inné et acquis, comme toutes les autres, est une aide psychologique qui tend à disparaître. Biologie et culture se mêlent constamment, génétique et épigénétique sont indissociables dans la construction d'un individu.

Le bon sauvage
Nature vs société
Le bon sauvage est l'idée extrêmement répandue que c'est la société qui corrompt l'homme, mais que ce dernier est naturellement bon  (ou l'inverse, selon le dogme, cf. Rousseau).
La Nature, c'est bien, l'homme, c'est méchant. L'absurde distinction entre l'Homme et la Nature est pourtant omniprésente de nos jours encore (c.f. certains extrémistes écologiques et "bio"). Pourtant que je sache, l'homme fait partie de la nature, ce qu'il fait n'est-il pas aussi naturel que le miel des abeilles ? Notre anthropocentrisme nous pousse à répondre non....

l'esprit dans la machine
Esprit vs Matière
Une autre dichotomie très répandue est celle du corps et de l'esprit. Elle fait allusion au dualisme Esprit-Matière de Descartes. On parle d'esprit dans la machine (Ghost in the Machine). Elle sous entend que le corps est une simple machine qui obéit aux lois physiques, alors que l'esprit est une entité indéfinissable et soumise au libre arbitre. Or il n'est pas un comportement humain qui ne puisse s'expliquer par des interactions strictement chimiques, de l'amour à la colère, en passant par la conscience....

Conclusion
Toutes les frontières, fussent elles utiles à notre compréhension du monde, sont susceptibles de disparaître. A un instant donné, elles permettent de matérialiser une limite temporaire et fixée arbitrairement. Mais les ériger en  séparation absolues et intemporelles est extrêmement imprudent.

Brider le champs de la science à des fins idéologiques est à la fois inefficace et dangereux. L'épistémologie devrait sur ce point nous rendre plus humble et nous éviter de créer de nouvelles frontières juste pour éviter d'éventuelles dérives. Décréter que certaines questions ne peuvent être traitées par la science est aussi péremptoire que de dire qu'il ne reste rien à découvrir (1).

Notes:
(1) Comme Laplace en son temps, puis Rayleigh en 1890 qui pensait que l'on avait tout découvert en physique, à l'exception de deux petits points de détail qui restaient à éclaircir. Ces "détails" donnèrent lieu respectivement à la découverte relativité restreinte et à la physique quantique, rien que ça. .....


Pour en savoir plus:
Version française: Comprendre la Nature Humaine


vendredi 23 avril 2010

Prédisposition au cancer selon l'alimentation de ses parents (chez les rats)

Une équipe de scientifiques du Georgetown University Medical Center à Washington DC vient de faire une découverte intéressante.

Ils ont tout d'abord injecté des cellules du cancer du sein à des rats (qui ne développent pas naturellement cette maladie) . Ensuite, certains de ces rats ont été nourris avec des aliments trop gras.

Ils ont alors constaté que les enfants et les petits-enfants femelles des rats qui avaient  eu une alimentation déséquilibrée avaient plus de risques de développer un cancer du sein.

Cette étude met en évidence le caractère épigénétique (c'est à dire la transmission de caractères acquis) de certaines maladies, et ouvre la porte à de nouveaux moyens de prévention contre le cancer.

Par ailleurs, si des résultats similaires sont observés chez l'homme, la responsabilité des parents quant à la santé de leurs enfants s'en trouvera grandement accrue...

En savoir plus:
article du NewScientist (en anglais)
épigénétique et cancer (Cnrs)
la sélection naturelle toujours incomprise

mardi 20 avril 2010

Une morale sans Dieu

Il existe dans toute religion un guide de bonne conduite. Qu'il s'agisse de simples recommandations ou d'interdictions formelles, certaines règles existent afin de garantir une "bonne moralité".

Nous verrons dans ce billet qu'il existe de nombreuses idées reçues sur le sujet, et que la science a bel et bien son mot à dire quant à la moralité.
Avant tout, rappelons quelques faits:
  1. De nombreuses études et expériences en psychologie et éthologie ont montré qu'il existe un ensemble de valeurs morales partagées par tous les êtres humains (pas seulement humain d'ailleurs), quelque soit leur religion (ou leur incroyance puisque cela inclut les athées) et ce dès leur plus jeune âge (voir 1) et 2) plus bas).
    Ainsi, il a été établi une dé-corrélation entre l'intuition du bien et du mal chez l'être humain et l'endoctrinement religieux et/ou culturel.
  2. Par ailleurs, ce qui est bien dans certaines religions ne l'est pas nécessairement dans d'autres. Par exemple, R. Dawkins relate l'effrayante histoire d'un enfant handicapé méprisé chez certains bouddhistes qui croient en la réincarnation, au prétexte que l'enfant  a du faire quelque chose de mal dans une vie antérieure pour "mériter"  sa condition !!! D'autres religions considéreraient  que penser cela est "mal". Bien entendu, on peut trouver de nombreux exemples où ce qui est "bien" dans une croyance est "mal" dans une autre (je n'ai rien contre les bouddhistes :))
Comme nous venons de le voir, la croyance religieuse n'implique pas la moralité et inversement, un comportement vertueux n'implique pas d'appartenance religieuse.

La conclusion est évidente: la moralité a une autre origine. Soit, mais laquelle ? De récents travaux semblent confirmer l'existence d'un bagage génétique chez l'humain le prédisposant à discerner le "bien" du "mal".
A l'instar du langage, pour lequel comme l'a montré Noam Chomsky le cerveau semble "préconfiguré" biologiquement, la moralité humaine a une base instinctive et génétique. Bien entendu il ne s'agit que d'une base , que l'éducation et la culture, prégnantes quoique diversifiées, viennent enrichir. C'est ainsi que des différences plus ou moins subtiles apparaissent  dans les jugements de valeurs selon la culture étudiée.

Aussi il convient de considérer le langage et la moralité davantage comme des organes à part entière que comme des apprentissages culturels désincarnés.

Cela a des conséquences considérables sur la société, dont les plus importantes sont:
  • Croire que Dieu, via les religions, dicte la bonne conduite a quelque chose d'effrayant. De nombreux philosophes (Spinoza, Kant, Heidegger, ou encore Nietzsche) ont déjà évoqué le problème. Car si Dieu n'existe pas, alors toute la moralité du croyant s'effrondre. Il est assez terrifiant de penser que votre voisin est bon parce qu'il croit en Dieu. Il est plus rassurant de savoir que comme tout être humain, le bien a chez lui une origine biologique, et qu'il ne se transformera pas en tueur si ses croyances l'abandonnent.
  • De même, lorsque des conflits entre religion et société apparaissent,  certains modérateurs tentent, pour discréditer une action (port du voile intégral par exemple, interdiction de l'avortement), de la rendre incompatible avec une religion, en insistant sur le fait que "Ce n'est pas ce qui est écrit dans la Bible/ le Coran/....". Autrement dit, c'est l'interprétation humaine des textes qui est mauvaise, mais pas le texte lui même, sauvant ainsi la foi. Là encore, la morale biologique permet d'identifier quelque chose de "mal" de façon plus objective, plus accessible et plus universelle. Un acte est "mauvais" si il  est délétère pour l'espère humaine, contraire à notre "bagage" génétique moral, et non parce que c'est écrit ou pas dans les textes (les deux  ne s'excluant pas nécessairement, fort heureusement). Sinon, comment réagirons-nous si une nouvelle religion se crée avec des textes prônant explicitement des comportements condamnables ? La respecterons-nous  au nom de la liberté de croyance ? Travestirons-nous les interprétations pour justifier l'intolérable ? Le "bien" biologique nous donne ici encore un critère de choix, un étalon de vertu qui traverse les cultures et transcende les croyances.
  • De fait, le caractère biologique de la moralité lui confère un aspect universel et augure d'une paix plus durable. En effet, les religions et les cultures diffèrent, mais ce que nous avons tous en commun, c'est notre humanité. Ainsi, il est rassurant de savoir que tous les humains partagent un socle de valeurs, rejoignant naturellement les droits de l'Homme et du citoyen, et transformant  quasiment la déclaration éponyme en un résultat scientifique.
  • Par ailleurs, l'existence de ce socle s'explique par un avantage sélectif certain. Pour faire simple, les êtres ayant des comportements non altruistes ont moins de chance d'avoir une descendance pérenne. L'instinct grégaire permet de veiller sur les enfants, d'assurer la survie du groupe, etc.... Voilà un argument de poids pour expliquer aux enfants ce qui est bien ! La morale Darwinienne est née.
  • Si il existe bien des différences entre les religions, il est évident que toutes ont également de nombreux points communs. Or, il n'y a pas lieu de s'en extasier dès lors que la notion de morale biologique est intégrée. Que les hommes, à l'origine des religions, laissent transpirer une part de leur héritage génétique commun dans des textes très différents n'est pas réellement surprenant, vous en conviendrez.... 
  • Puisque biologique, puisque faisant parti de notre capital génétique, le bagage moral dont nous disposons évolue dans le temps. En cela, il est bien différent des commandements religieux, qui restent figés dans la pierre par définition. Ce qui est bien pour nous aujourd'hui ne le sera peut être plus dans dix mille ans. Il existe donc une sorte de "Zeitgeist" moral qui évolue continuellement dans les sociétés.
Bien sûr, prendre conscience de ce bagage prendra du temps, expliquer  que la corrélation religions/moralité n'est pas une causalité plus encore. Quant aux potentielles conséquences de ces avancées scientifiques, elles peuvent sembler utopiques. Mais ne dit-on  pas que l'utopie est une vérité prématurée...



Pour en savoir plus:

vendredi 16 avril 2010

Un logiciel pour déterminer la prédisposition à la criminalité

Le Florida State Department of Juvenile Justice (département d'Etat de Floride à la justice des mineurs) va bientôt utiliser un logiciel d'IBM destiné à évaluer la prédisposition des individus à commettre un crime, en fonction de différents facteurs sociaux, économiques ou historiques entre autres. Auparavant, de simples fichiers Excel était utilisés.

Il s'agit d'éviter les récidives en faisant une analyse stochastique permettant des projections. Ce logiciel est déjà employé au Royaume Uni par le ministère de la justice et n'est pas sans rappeler le film Minority Report.
Il soulève d'ailleurs dans les media le même type d'interrogations concernant les droits de l'Homme.

Cependant, seuls les mineurs déjà entrés dans le fichier (i.e. ayant déjà commis une infraction) semblent concernés. Même si les dérives peuvent effrayer, il convient tout de même de rappeler que des méthodes statistiques permettant de mieux anticiper l'avenir existent dans l'assurance, la météo, la médecine (pour les campagnes de dépistage) et bien sûr la police. 

Dans le film, vous pouviez être arrêtés pour un crime que vous n'aviez pas encore commis. En Floride et en Grande Bretagne, vous êtes "simplement" plus surveillés si vous avez déjà commis un crime afin d'empêcher une éventuelle récidive.  

Image associée au film

jeudi 8 avril 2010

Combien de sens avons-nous ?

Si vous demandez à votre entourage combien de sens possède l'homme, il vous répondra sans hésiter cinq puis les citera sans faillir : La vue, l'ouïe, le toucher, le goût, l'odorat.

Pourtant, cela est extrêmement réducteur. Un sens est traditionnellement défini par un système de cellules sensitives capables de capter et de traduire plusieurs stimuli et de les transmettre au système nerveux central. Ainsi, nous n'incluons pas dans les "sens" tout ce qui est postérieur au traitement cérébral (c.a.d. une fois le signal reçu et analysé par le cerveau), comme le sens de l'orientation, le sens du temps qui passe, ou le sens des affaires :)

Selon cette définition, nous avons au moins neuf sens distincts :
  • la Vue. L'œil reçoit une énergie électromagnétique (la lumière) et transmet l'influx via le nerf optique.
  • le Toucher. c'est dans le derme, sous l'épiderme que se situent les récepteurs mécaniques (on parle de mécano-réception) qui envoient les signaux au cerveau
  • L'Ouïe. L'oreille est sensible aux vibrations (on parle ici aussi de mécano-réception) sonores de 20 à 24 000 hertz. 
  • le Goût. Les papilles gustatives sont situées sur la langue, elles peuvent toutes transmettre différents stimuli grâce à des réactions moléculaires (c'est pourquoi on parle de chimio-réception ): salé, sucré, amer, acide, aigre ou umami.
  • l'Odorat. C'est un autre aspect de la chimio-reception. Selon la molécule respirée, une certaine réaction chimique se produit et un signal correspondant est envoyé au cerveau.
  • la Proprioception est la perception du corps dans l'espace. Elle vous permet de savoir à quel endroit se trouvent les différentes parties du corps par la tension musculaire, et ce même les yeux fermés. (je vous conseille cet article de la Recherche pour en savoir plus)
  • la Thermoception. Elle permet de percevoir la chaleur ou le froid. Notons que les thermorécepteurs cutanés diffèrent sensiblement des thermorécepteurs homéostatiques qui permettent un rétrocontrôle de la température interne du corps. On pourrait donc considérer qu'il y a deux sens distincts ici.
  • l'Equilibrioception : est la perception de l'équilibre. Ce sens utilise l'oreille interne et ses trois canaux semis-circulaires. Les capteurs inertiels et autre accéléromètre de la Wiimote remplissent un peu le même rôle.
  • la Nociception : permet de percevoir la douleur. Elle peut elle même se diviser en trois sens:
    - les récepteurs cutanés au niveau de la peau
    - les récepteurs somatiques au niveau des articulations et des os
    - les récepteurs viscéraux au niveau des organes viscéraux
Selon la classification retenue, certains neurologues recenseraient plus de 20 sens chez l'homme. Certains animaux possèdent quant à eux d'autres sens comme la magnéto-réception (oiseaux, abeilles) ou l'écho-location (chauve-souris).

Ainsi, notre cerveau reçoit de l'information via différents récepteurs, qui ne sont pas exempts de "bugs". Une fois les signaux transmis au cerveau, nous verrons dans un prochain billet que le traitement qui en est fait connait lui aussi quelques "ratés". Comprendre et expliquer ces dysfonctionnements ainsi que leur effet sur l'homme (impression de déjà vu, daltonisme, et bien d'autres) est à mon sens indispensable pour empêcher les croyances ésotériques et délirantes de pulluler.  


samedi 16 janvier 2010

les chaussures, c'est pas le pied

L'étude suivante, réalisée par des chercheurs Américains, montre que les chaussures de course à pieds ont un effet  néfaste sur les articulations de la hanche, du genoux et de la cheville. Il semblerait que courir pieds nus soit encore le meilleur moyen d'éviter ces désagréments articulaires.


Source: lire l'article ici

mercredi 1 juillet 2009

A quoi servent les écailles du serpent ?

En recouvrant leur écailles, les chercheurs du Courant Institute of Mathematical Sciences de l'université de New-York ont constaté que les serpents étaient incapables de se mouvoir sur des surfaces lisses (sable ou table sans aspérités), malgré leurs ondulations.
Le développement d'un modèle mathématique a permis de mieux comprendre le rôle des écailles engendrant des frictions indispensables au mouvement sur surface lisse.
La comparaison entre les prédictions du modèle théorique et les vidéos des différentes expériences semble valider la modélisation.

source

mardi 7 avril 2009

Un robot scientifique, chercheur presque autonome

Il s'appelle Adam. Ce robot a été capable de façon autonome de :
  • formuler des hypothèses scientifiques en biologie
  • de décrire les expériences nécessaires à la validation de sa théorie
  • d'exécuter les expériences en question
  • d'analyser les résultats
  • de réitérer l'opération
Adam n'est qu'un prototype, mais son successeur, Eve (ça ne s'invente pas...), devrait être d'une aide précieuse dans la lutte contre certaines maladies parasitaires (comme la malaria).
Au delà de la prouesse scientifique, ces avancées nous laissent présager de ce que pourront faire les ordinateurs dans un futur proche. Après tout, le but ultime de l'intelligence artificielle n'est t-il pas de permettre aux ordinateurs de surpasser l'intelligence humaine, afin de découvrir ce qui est hors d'atteinte de nos cerveaux limités ?
publication scientifique (en Anglais)

mercredi 4 février 2009

Tree of life: great short video

If you have read this post,  you might be interested in watching this nice video, narrated by David Attenborough from the BBC

mardi 27 janvier 2009

Tree of life

I've just discovered this excellent web site:

where you can browse the tree and find what we know about the root of all life on earth.
Please note that recent development (good article despite the flashy title) suggests that the "tree" of life is rather a web (horizontal links in addition to vertical branching).

mercredi 17 décembre 2008

Le sexe pour échapper aux virus ?

Voici un article très intéressant qui suggère que l'apparition de la reproduction sexuée sur terre puisse avoir été un moyen d'échapper à un virus (en se reproduisant grâce aux gamètes, l'organisme étudié se rendait invisible au virus, alors qu'il était identifié par simple division cellulaire). La "stratégie" de se diviser d'abord pour recomposer ensuite un organisme (comme nous le faisons grâce aux spermatozoïdes et aux ovules ...) a pu permettre de survivre à certains virus.

Lisez, c'est passionnant !

La publication scientifique en question

dimanche 14 septembre 2008

Héroisme et darwinisme

A priori, il est difficile d'expliquer par la seule sélection naturelle l'existence de l'altruisme (a priori seulement, je vous conseille de lire Richard Dawkins à ce sujet) dans nos sociétés et plus encore de l'héroïsme.

En effet, les héros le sont souvent à titre posthume, ce qui ne les aide pas à transmettre leur patrimoine génétique....

Pourtant, n'en déplaise aux détracteurs du darwinisme (il y en a beaucoup en ce moment), il se trouve que des mathématiciens se sont attaqués au problème et ont réussi à modéliser la viabilité des comportements héroïques à l'échelle des civilisations.
Pour faire outrageusement simple, on peut dire que les héros qui survivent sont motivés par l'attrait de la victoire et peuvent s'accoupler avec les femmes des tribus vaincues. Ainsi, le gène du "je vais me sacrifier en héros" est sauf et peut se transmettre aux générations futures.
Pour vous faire une idée plus correcte, vous pouvez lire la publication scientifique ici (en anglais).

mardi 29 juillet 2008

Le vieillissement est-il vraiment inévitable ?

Les scientifiques pensaient jusqu'ici que le vieillissement était principalement dû à l'usure des tissus vivants, aux dommages provoqués par l'environnement (oxydation) mais aussi aux erreurs de réplication de l'ADN accumulées.
Mais voilà qu'en étudiant des vers un peu particuliers, le biologiste Stuart Kim et son équipe ont fait une découverte surprenante. En accentuant artificiellement le stress (chaleur, détérioration de l'ADN, oxydation) sur les cellules de ces vers, ils n'ont pas constaté de changement dans l'expression génétique accompagnant le vieillissement.

Une interprétation possible des résultats obtenus (voir ici pour mieux comprendre pourquoi) est que le vieillissement pourrait être dû à un accident de l'évolution, un dérèglement qui n'aurait pas été "corrigé" par la sélection naturelle. En effet, qu'un être vive 10 ans ou 200 ans, cela n'a que peu d'impact (en dehors de durées de vie extrêmes) sur son adéquation à son environnement. La sélection naturelle n'a donc aucune "raison" de corriger ce trait génétique.

Si:
  • tout cela est confirmé pour les vers (les pauvres vont subir encore quelques expériences)
  • cela est applicable aux mammifères et en particulier aux êtres humains (des volontaires ?)
Alors, nous aurons peut-être l'espoir de pouvoir un jour prolonger la durée de la vie humaine.

Voir les travaux scientifiques ici (et oui, toujours en anglais)

jeudi 26 juin 2008

Homosexualité, innée ou acquise ?

Loin des tabous habituels, il semblerait que de récentes études scientifiques aient permis de constater des différences dans le cerveau des individus en fonction de leur attirance sexuelle.

En fait, cela fait longtemps que les scientifiques ont décelé des particularités quant aux facultés cognitives des personnes homosexuelles, suggérant une construction cérébrale différente. Mais ces différences pouvaient jusqu'ici avoir été engendrées après la naissance, provoquées par un environnement social donné. Désormais, et ce pour la première fois, l'imagerie médicale a permis de mettre en évidence des différences potentiellement non acquises.

Ainsi, le cerveau de 90 personnes (hétérosexuelles et homosexuelles) a été étudié en détails. Il apparaît:
  1. Que le cerveau des individus attirés par les hommes (hommes homosexuels et femmes hétérosexuelles) est significativement différent de celui des personnes attirées par les femmes (femmes homosexuelles et hommes hétérosexuels):
    - asymétrie des hémisphères cérébraux chez les seconds (cerveau droit plus gros), pas d'asymétrie chez les premiers.
    - dans l'amygdale des seconds, il y a plus de connexions nerveuses dans le côté droit que dans le gauche, alors que c'est le contraire pour les premiers.
  2. Que les deux paramètres pré-cités ne sont vraisemblablement (il faudrait plus d'infos !!!) pas affectés par le comportement, ou par l'apprentissage.
Ce qui permet au Dr Qazi Rahman, spécialiste de biologie cognitive à l'Université de Londres, de conclure :
"Quant à moi, il n'existe plus aucun doute: si vous êtes gai, vous êtes né gai."
D'autant que cette conclusion conforterait celle de cette autre étude qui indique que l'orientation sexuelle n'est que très peu influencée par l'environnement social, ainsi que celle de cette étude qui montre des différences notables dans l'hypothalamus des homosexuels.

Cependant, il convient de modérer un peu cet "enthousiasme" et de prêter attention aux mots en italique. Tout d'abord concernant le premier point (1), les chercheurs rappellent qu'il existe aussi des différences entre les individus d'un même groupe, et pas seulement entre ceux appartenant à deux groupes aux orientations sexuelles différentes.
Par ailleurs, il s'agit d'un cliché statique à un instant donné d'un ensemble de personnes adultes qui ne donne aucune indication sur l'origine temporelle et les raisons de la différentiation.

Pour finir, si ces résultats impliquent effectivement (sous réserve d'être confirmés par des études complémentaires) que l'homosexualité est SOIT inscrite dans les gênes SOIT "créée" lors du développement foetal (les hormones comme la testostérone sont fortement suspectées). ils n'impliquent aucunement que TOUS les homosexuels soient concernés.

En attendant plus de données complémentaires, soyons prudents quant aux conclusions, et gardons un esprit ouvert.

mardi 27 mai 2008

Plus on coupe plus ça pousse ?

Comme moi, vous avez sans doute déjà entendu que les cheveux/poils repoussaient plus drus après avoir été rasés. Qu'en est il réellement ? Est ce que le fait de se raser trop souvent stimule la pousse des poils ? Est ce nécessaire de couper vos cheveux pour les revigorer ?

En fait, je n'ai pu trouver aucune constatation scientifique de ce phénomène, ni d'ailleurs aucune théorie pouvant l'expliquer. De là à dire qu'il s'agit d'une idée reçue, il n'y a qu'un pas que nous allons franchir ensemble.

Tout d'abord voyons ce qui peut nous induire en erreur. Poils, cheveux et cils ne sont que différents types de follicules pileux. Il y a bien des différences entre les types (comportement, localisation, etc...), mais nous nous attacherons à ce qui leur est commun. Aussi, ce que nous allons dire ci-après concernera aussi bien les poils que les cheveux.

Folicule pileux

  • La forme du poil est conique (voir dessin ci dessus) : sa base est plus épaisse que son extrémité. Ainsi, lorsqu'il est coupé, la partie visible est forcément plus épaisse. Mais le poil n'en est pas plus dru pour autant !
  • Plus les poils sont longs, plus ils sont souples (c'est mécanique, comme une tige de bambou), ce qui leur confère un aspect plus fragile.
Cependant, le poil/cheveu ne "sait" pas qu'il est coupé. Vous pouvez le raccourcir autant de fois que vous le voulez, il ne s'en portera pas mieux pour autant.

Messieurs, vous pouvez donc vous raser plusieurs fois par jour sans craindre d'effrayer votre entourage par une pilosité impressionnante (je viens de perdre des lecteurs, là, non ?). Mesdames, vous pouvez raser vos jambes souvent sans craindre qu'elles ne ressemblent à celles de votre mari (là, j'ai perdu des lectrices). Quand à vos cheveux, coupez les si vous le souhaitez, mais par pitié éviter de raser la tête de vos chérubins par coutume ou par bêtise (je suis effaré de voir les innombrables "j'ai entendu dire que..." dans les forums).


sources:

Paus R, Cotsarelis G. The biology of hair follicles. N Engl J Med 1999;341:491-7.
Trotter M. Hair growth and shaving. Anatomical Record 1928;37:373-9.
Saitoh M, Uzuka M, Sakamoto M. Human hair cycle. J Invest Dermatol 1970;54:65-81.
Lynfield YL, Macwilliams P. Shaving and hair growth. J Invest Dermatol 1970;55:170-2.
Trueb RM.Causes and management of hypertrichosis. Am J Clin Dermatol 2002;3:617-27.

lundi 28 avril 2008

L'évolution en marche



Photo d'un orang-outan en train de pêcher avec une lance, prise sur l'ile de Kaja à Borneo. Certes, il a fait cela en mimant les humains, et il ne semble pas encore assez adroit pour faire de belles prises. Mais quelle plus belle illustration de l'évolution en marche ?

source (en anglais)

mercredi 19 mars 2008

Strangeness of science

Richard Dawkins est un éthologiste anglais très connu outre-atlantique. Dans la vidéo ci dessous (en anglais), il explique la difficulté naturelle de notre cerveau à appréhender les grandes théories scientifiques. Par ailleurs, vous trouverez sur ce site de nombreuses vidéos passionnantes (en anglais) que vous ne verrez pas ailleurs ....


mercredi 5 mars 2008

Langue de chien, langue de médecin

Depuis très longtemps, je vois autour de moi des gens qui laissent leur chien lécher leurs égratignures, au prétexte des vertus antiseptiques de la salive canine.



En fait, chez de nombreux animaux, et en particulier les mammifères, la salive a effectivement un rôle antiseptique puisqu'elle contient de nombreux produits (IgA, lactoferrine, lysozyme…) qui lui confèrent des propriétés anti-virales, anti-bactériennes et anti-fongiques. D'ailleurs, si la plupart des chiens "se lèchent les plaies", c'est une indication (le terme de preuve serait faux) que cette pratique ne leur a pas été (trop) délétère au cours de leur évolution (mais aujourd'hui nous disposons d'antiseptiques et il vaut mieux soigner votre chien que le laisser se lécher ses blessures !). Aussi des études ont été menées et semblent indiquer une action efficace contre (entre autres) les bactéries E. Coli et le Streptotocus canis.

Malheureusement, la bouche d'un animal (y compris celle de l'homme) est peuplée de germes, microbes et bactéries qui peuvent être transmis à l'homme et provoquer des infections (surtout si le chien vous lèche une plaie). N'oublions pas que le chien à tendance à lécher les organes génitaux (les siens et ceux des autres chiens), les matières fécales et les poils (qui contiennent de nombreux microbes), etc... Or les risques liés à ces microbes sont bien supérieurs au pouvoir antiseptique classique de la salive.

Il convient donc de ne pas laisser le chien vous lécher, surtout si vous avez des plaies.

Comme toujours, nous allons tenter de voir d'où nous vient cette idée reçue (en dehors du fond de vérité théorique). Sans aucune certitude, il est possible que cet usage trouve une origine biblique. Sur cette illustration on voit

http://www.mnemosyne.org/mmw/fullsize/mmw_10a11_016v_min_1.jpg
Lazare entouré de chiens qui lèchent ses plaies. Or, si les chiens étaient jadis au départ perçus comme un signe d’impureté , ils devinrent au cours du Moyen Age un symbole de fidélité. Précisons que Lazare mourut malgré la sollicitude des chiens !

Saint Roch tenant son bourdon et montrant sa plaie.
De même, on voit ci-dessus Saint Roch qui à la fin de sa vie, touché par la peste et par la faim, fut nourri dans une forêt par un bon chien qui lui apportait chaque jour un pain dérobé à la table de son maître. Il fut ensuite secouru par le maître du chien.

Il est probable que ces histoires aient contribué à associer chien et guérison dans l'esprit populaire, mais il est fascinant de constater la présence de cet usage dans nos sociétés modernes.

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vendredi 15 février 2008

Survivre dans le vide spatial

Des expériences sur des chiens et des chimpanzés (volontaires?) ont permis d'estimer qu'un homme pourrait survivre près de deux minutes dans le vide, quasiment sans séquelles (si ses poumons sont vides).

Pour rappel, voici une liste des petits désagréments qui attendent le pauvre petit astronaute livré à lui même dans le vide spatial:
Dans cet article, il semble qu'il soit fait mention des deux premiers "problèmes" uniquement. Il est donc possible que le temps de survie soit légèrement surestimé.

Bref, nous savons maintenant qu'un astronaute qui ne serait plus protégé par son scaphandre suite à un accident ne serait pas nécessairement perdu et pourrait être secouru.

Les scénaristes de science-fiction doivent revoir leur copie.

Bruce McCandless II fut le premier spationaute à réaliser une sortie extravéhiculaire libre.

lundi 11 février 2008

La fin des records

Vous pensez que tout record sportif peut être battu ? Et bien vous pourriez avoir tort. Selon Geoffroy Berthelot, qui travaille pour l'IRMES (Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport), l'humanité est en train d'atteindre ses limites physiologiques. Une analyse statistique de plus de 3000 records du monde de 1896 (premiers jeux olympiques) à nos jours a permis d'établir un net ralentissement depuis les années 70. En 2027, pour la moitié des disciplines, la valeur plafond sera atteinte ; et en 2060, «si les conditions de pratique ne varient pas sensiblement, on aura atteint l’asymptote et établi la plupart des records du monde à 99,95 % de leur valeur maximale. Pour les voir battus, il faudra alors mesurer un 100 mètres au millième de seconde, un marathon au centième, ou encore progresser par grammes en haltérophilie… ou attendre cinquante ans !»

Aussi, si nous voulons maintenir les jeux olympiques, il faudra (au choix) :
  • autoriser les produits dopants
  • se tourner vers les modifications génétiques
  • corser les épreuves afin de d'obliger une réadaptation (il faudrait des centaines d'années pour atteindre les records limite en "course en marche arrière" ou "à cloche pieds" !)
Etant donné que seule la troisième solution est envisageable, il est probable que les jeux olympiques du siècle prochain ressemblent à nos bons vieux intervilles !

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